Définition
La néphropathie familiale (ou NF ou FN) est une maladie rénale
héréditaire de manière récessive (Lees, Macdougall, Cattanach)
qui est reconnue chez le cocker anglais depuis plus de 50 ans
(Krook 162). La FN est une forme de "néphrite héréditaire"
(Lees) en référence à un groupe de maladies glomérulaires
liées à des manques de collagène génétique.
L'apparition de lésions rénales dues à la FN arrive
généralement entre l'âge de 6 et 24 mois (Lees 189). Les
signes cliniques peuvent inclure de la polydipsie (le chien
boit plus), de la polyurie (le chien urine plus), une perte de
poids, un manque d'appétit, des vomissements, de la diarrhée.
Ces symptômes sont généralement associés avec n'importe quel
type de maladie rénale.
Structure/Fonction

Le rein est un organe fait de centaines de milliers de
minuscules structures appelées néphrons. Chaque néphron est
composé d'un glomérule et d'un tubule. Le sang qui s'écoule à
travers le rein est filtré par le glomérule et s'écoule
ensuite dans le tubule. Les cellules qui tapissent la surface
intérieure du tubule traitent le fluide qui s'écoule,
réabsorbant certains composants de ce fluide et en excrétant
d'autres. Le fluide qui quitte le tubule à la fin de ce
processus est de l'urine, qui est une combinaison d'eau et de
déchets.

Les chiens atteints de FN ont un déficit génétique dans le
glomérule. Le glomérule défectueux manque d'un certain type de
collagène qui aide à maintenir la structure du filtre
assemblée. En résultat de ce déficit de collagène s'ensuit un
réaction en chaîne d'évènements. Une fois que le glomérule
commence à perdre sa capacité à fonctionner correctement, les
protéines sanguines fuient à travers le filtre défectueux et
passent dans l'urine. Cette anomalie glomérulaire conduit
aussi ensuite à un dommage tubulaire, et cette chaîne
d'événements détruit par la suite entièrement le néphron. Les
néphrons sévèrement atteints ou détruits ne peuvent pas être
remplacés.
Comme le rein est le principal système d'évacuation des
déchets du corps, il compense par lui-même. Quand un néphron
meurt, un autre reprend son travail. Avec le temps et la
compensation continuelle, le nombre de néphrons en état de
fonctionnement diminue grandement. Une fois qu'au moins 75 %
de la population du néphron est détruite, la maladie arrive en
stade terminal. Comme cette maladie est graduelle et
progressive, les chiens affectés n'apparaissent pas malade
avant un stade assez avancé de la maladie.
Les premiers
stades de la maladie
Les cockers affectés par la FN naissent avec des reins
normalement constitués. A cause d'un manque d'un certain type
de collagène, cependant, les reins commencent à se détériorer
alors que le chien n'est âgé que de quelques mois. Comme les
dommages glomérulaires évoluent, les reins vont d'abord
laisser les protéines s'échapper dans l'urine. En général,
quand la protéinurie persiste, le taux de croissance du chiot
va diminuer. Une fois que le chiot va commencer à perdre ses
protéines sans l'urine, la capacité des reins à "concentrer"
l'urine va aussi diminuer. Finalement, en résultat du dommage
progressif du néphron, la capacité des reins à évacuer les
déchets (par exemple l'urée et la créatinine) va s'altérer
(Lees). Comme l'évacuation des déchets par les reins va
diminuer progressivement, la gravité du problème rénal va
graduellement empirer.
Séquence des
évènements
La séquence des évènements est toujours la même, mais le taux
de progression de la maladie varie pour plusieurs raisons qui
ne sont pas complètement comprises (Lees). Il est donc
difficile de donner un âge spécifique auquel les différents
stades de la maladie sont censés se produire. "Par exemple, le
commencement de la protéinurie a été décelé entre l'âge de 5
et 8 mois sur 3 chiens qui ont été soigneusement étudiés.
Parce que nous ne sommes pas sûrs que ces 3 chiens soient
représentatifs de tous les chiens affectés par la FN, nous ne
sommes pas certains de pouvoir dire l'âge maximum auquel un
chien affecté peut commencer à développer de la protéinurie.
Néanmoins, nous soupçonnons que tous, ou presque tous, les
chiens affectés par la FN développeront de la protéinurie
avant l'âge d'un an. L'âge moyen des problèmes rénaux se situe
entre 6 mois et deux ans".
Signes cliniques
Un moyen d'identifier un chien atteint de FN est l'observation.
Les éleveurs et les propriétaires peuvent surveiller
l'évacuation des déchets des jeunes chiens. Il faut
régulièrement contrôler la couleur des urines. Le premier pipi
du matin (en admettant que l'eau n'est pas à disposition du
chien durant la nuit) est probablement le meilleur. Les urines
doivent être d'une belle couleur jaune (bien concentrées). Un
jeune chien qui manque de capacité à évacuer de l'urine
concentrée à plusieurs reprises doit être amené chez un
vétérinaire pour une analyse d'urine complète. Un test appelé
"densité spécifique" (SG en anglais, comme "specific gravity")
devrait être réalisé, ainsi qu'une analyse de protéines (protéinurie).
Habituellement, les protéines peuvent être vérifiées en
utilisant une bandelette plastique colorée (Bili-Labstix).
Cette bandelette est simplement trempée dans un échantillon
d'urine et la bandelette plastique change de couleur et est
comparée à un diagramme située sur le côté de la bouteille
contenant les bandes. La bandelette testera d'autres choses en
plus du taux de protéines. Un chiot avec une densité
spécifique basse et un excès de protéines (++) dans l'urine
devra être testé avec un test plus spécifique. Ce test, appelé
"taux de protéine-créatinine" fournira une meilleure
estimation de la quantité de protéines dans l'urine. Une
analyse complète de l'urine pourra aussi être réalisée pour
identifier d'autres problèmes urinaires qui peuvent être
présents. Une bandelette positive en protéines n'indique pas
précisément que le chien a une maladie rénale ou va développer
de la FN. C'est plus facilement une indication qu'un examen
plus poussé est nécessaire. Toutes les maladies rénales chez
les jeunes chiens dans cette race ne sont pas de la FN;
toutefois, les symptômes sont les mêmes.
Stade terminal
Une fois qu'il est établi qu'un jeune chien évacue constamment
de l'urine diluée avec des protéines, les tests de "sérums"
devraient être réalisés. De tels tests montreront seulement
des élévations significatives dans des endroits spécifiques
une fois que 75 % des deux reins seront détruits. Des
élévations du BUN (Azote de l'urée dans le sang), de la
créatinine, et du phosphore non organique suggèrent une
maladie rénale. Ces résultats, ajoutés à une densité
spécifique de l'urine très basse et à une protéinurie
signalent un stade terminal de maladie rénale.
Quand les tests de "sérums" révèlent des taux anormalement
élevés d'urée (BUN), de créatinine, et d'autres substances
azotées non protéinées, un terme de laboratoire appelé "Azotémie"
est utilisé pour identifier ces taux spécifiques anormaux
(Barrett 1753).
En général, une fois que le taux d'urée (BUN) atteint
approximativement 120 mg/dl, il reste seulement quelques
semaines à vivre au chien avant que le stade critique ne
prenne place. Quand ces animaux en arrivent à ce stade, ils ne
mangent plus. Si ils mangent, ils vomissent, dans la plupart
des cas. Ils peuvent rester deux ou trois jours sans
nourriture, continuant à perdre plus de poids. Ils boivent une
quantité énorme d'eau et urinent encore plus que cela. Dans
certains cas, leur haleine sent l'ammoniaque. Comme le chien
dort sur ses oreilles, l'odeur d'ammoniaque peut être évidente
sur les franges des oreilles aussi. Le chien devient très
faible, et peut grelotter comme s'il avait froid. Il perd la
capacité à réguler sa température corporelle. Comme les reins
ne sont plus capables de filtrer les déchets, et donc de
réguler beaucoup de fonctions essentielles pour vivre,
l'animal s'empoisonne lui-même, avec ses propres déchets.
Peut-être qu'une des questions les plus fréquemment posées par
les propriétaires de jeunes chiens souffrant d'un problème
rénal grave est comment ils sauront qu'il est temps de lui
dire au revoir. En dépit de la gravité d'une maladie rénale,
ces jeunes chiens arrivent toujours à remuer leur queue et à
"faire la fête" aux membres de leur famille, pas avec
l'exubérance habituelle, mais l'effort est là jusqu'à la fin.
Quand le moment sera venu de lui dire au revoir, vous le
saurez...
Ceux qui ont perdu un chien pour cause de FN vous diront que
la perte est plus marquante avec le processus de cette maladie
que toute autre perte qu'ils ont vécue. C'est quelque chose
que personne ne veut expérimenter. Grâce aux efforts du Dr
George Lees et de son équipe de recherche, nous espérons que
dans un futur très prochaine, la mutation sera trouvée. Et
qu'il sera possible de développer un test ADN basé sur la
mutation qui identifiera formellement les porteurs, sans
équivoque.
Actuellement, un fonds de recherches a été organisé à la
Fondation "Texas A&M Development" pour honorer la mémoire
d'Arthur B. Ferguson. Arthur a exprimé le désir d'aider les
chercheurs à venir à bout de cette maladie. Le fonds a donc
été nommé "Fonds en Mémoire d'Arthur B. Ferguson pour la
recherche des maladies rénales chez le Cocker Spaniel anglais".
Les dons à ce fonds peuvent être réalisés de la manière
suivante :
1) Etablir le chèque payable à : "Texas A&M Development
Foundation"
2) Dans le champ "pour", mentionner ; "Ferguson Memorial Fund"
3) Envoyez votre chèque à : Dr George E. Lees Small Animal
Medicine & Surgery, College of Veterinary Medicine, Texas A&M
University, College Station, TX 78843-4474.
Les dons à ce fonds constituent la seule voie possible
actuellement pour continuer les recherches afin jusqu'à ce
qu'une nouvelle concession puisse être assurée. Joignez-vous
au combat contre la FN dans notre race.
Travaux cités
Lees, George. Personal
correspondence. 25 Sept , 1999.
Lees, George E. et al. "Early
Diagnosis of Familial Nephropathy in English Cocker Spaniels.
Journal of the American Animal Hospital Association. May/June
1998, Vol. 34: 189-195.
The Cocker Spaniel Club.
"Familial Nephropathy (FN) of Cocker Spaniels. An advisory
leaflet for all Cocker owners." September 1986.
Krook, Lennart. "The Pathology
of Renal Cortical Hypoplasia in the Dog. Nord. Vet.-Med.
1957, 9, 161-176.
Barrett, Ralph E. "Textbook of
Internal Veterinary Medicine." Azotemia and Proteinuria.
Section 11, Chapter 21, 141-145. |